Septembre 2021.
Je me retrouve sans emploi, sans projet, perdue, meurtrie, abîmée par le boulot, mais sereine de ma décision. Vient alors les démarches administratives pour avoir les documents nécessaires pour mon inscription à Pôle Emploi. Autant dire que c’est compliqué car l’administration publique est tellement lente… et les gestionnaires pas toujours sympathiques…
Bon, le chômage il ne faut pas y compter dans l’immédiat mais heureusement j’ai prévu des économies pour survivre le temps de trouver un boulot.
Je commence à envoyer des CV pour travailler dans l’administratif, le secrétariat. Mais sans formation, ni expérience, je n’ai jamais aucune réponse à mes demandes.
Vient alors des moments de doutes : « Je suis peut-être bonne à rien », « Je ne vais jamais rien retrouver ».
En parallèle je prends le temps de me faire suivre pour mes quelques soucis de santé que j’avais eus depuis ces derniers mois de mal-être.
Octobre 2021.
J’arrive enfin à avoir mes documents pour finaliser mon inscription à Pôle Emploi ! Ô miracle !
J’enchaine quelques rendez-vous avec une psy de Pôle Emploi qui est censée m’aider dans ma réorientation. Ça n’est pas d’une très grande aide, mais bon, je prends toute aide qui se présente.
Elle m’aide surtout à y voir plus clair dans les démarches à effectuer. Et elle soulève le fait que je n’ai jamais vu de psy suite à mon burn out. Sur le coup, je lui dis que je ne pense pas en avoir vraiment besoin et que ça va mieux.
Novembre 2021.
Marre de n’avoir aucune réponse à l’envoi de mes CV, je démarche les agences d’intérim. On me trouve des petites missions d’inventaire. Ce n’est pas génial, c’est monotone, ça ne paie rien, mais au moins je bosse.
Finalement une des agences me trouve assez rapidement un contrat d’un mois (pouvant être reconduit et en vue d’un CDI) en tant qu’hôtesse d’accueil dans un garage de véhicules utilitaires et poids lourds. C’est un milieu que je ne connais pas, globalement très masculin. Sans formation, on me demande tout de même de prendre mon poste directement le jour J. J’avoue qu’au départ c’est la panique, je n’y connais rien, je ne sais même pas me servir d’un standard téléphonique ! On me parle de pièces de mécaniques, de vocabulaire dont je n’ai jamais entendu parler. C’est très déstabilisant de se sentir aussi « incapable ». Je commence petit à petit à prendre le coup de main, mais je sens que ce n’est absolument pas mon truc. Je m’ennuie une bonne partie de la journée, je ne suis pas stimulée intellectuellement et ça me manque… Je ne suis pas à l’aise au téléphone. Les seuls moments que je trouve « plaisants » c’est quand je classe les factures, que j’affranchis le courrier ou quand on me fait faire un peu de facturation. Je suis contente d’avoir un salaire, ça me rassure, mais je ne suis pas heureuse.
Seulement, coup de chance au milieu du mois, on m’appelle pour un remplacement de trois semaines en médiathèque !
J’avais en fait postulé quelques mois auparavant (durant l’été) pour un CDD à temps partiel, et ils avaient gardé mes coordonnées ! Comme je suis encore en contrat, nous fixons donc le début de ce remplacement le lendemain de ma fin de contrat en tant qu’hôtesse d’accueil, c’est-à-dire début décembre. J’annonce donc à l’agence d’intérim que je terminerai mon mois dans l’entreprise mais que je ne reconduirai pas.
Je suis pressée de commencer ce nouveau boulot et de terminer cette mission d’intérim qui ne m’épanouit pas.
Décembre 2021.
Début de mon contrat de remplacement en tant qu’assistante de conservation. Je remplace sur deux médiathèques durant ces trois semaines. Les équipes sont top, je m’entends super bien avec eux. Je me le lève le matin et me rend à la médiathèque avec plaisir. Le travail me plait, j’apprécie couvrir et étiqueter les livres, ranger les ouvrages, les rayons, préparer les réservations, m’occuper des prêts et des retours des livres. Plus de maux de ventre le matin, plus d’angoisse, cela faisait bien longtemps !
Mais une ombre au tableau… je me rends compte que je ne suis peut-être pas complètement remise du burn out. Lorsque l’on accueille les groupes classe en journée, je sens une boule d’angoisse monter rien qu’à la vue d’un groupe d’élèves, rien qu’à les entendre devant la porte. Lorsque je vois bouillonner cette horde d’enfants, j’ai juste envie de prendre les jambes à mon cou et fuir.
Je me décide alors cette fois à prendre rendez-vous pour me faire suivre par une psy.
Par chance je n’ai pas d’obligation à gérer l’accueil des classes, je m’occupe donc d’autres missions pendant ces temps-là et ça me convient très bien.
Mon contrat se termine après ces trois semaines, et ils sont contents de mon travail, mon responsable de médiathèque également, et ils me proposent de me rappeler début janvier si d’autres remplacements se présentent, sachant qu’il se pourrait que certains soient reconduits.
Janvier 2022.
On me rappelle pour un nouveau contrat de remplacements en médiathèque. Je suis alors en majeure partie sur une des médiathèques du mois de décembre et parfois en renfort sur d’autres si besoin. Je suis heureuse d’avoir ce renouvellement de contrat !
En plus mon dossier Pôle Emploi vient d’être réévalué et je vais pouvoir toucher le chômage ! Cela complète donc un peu mon salaire, car je suis au smic.
Ma santé va de mieux en mieux, plus de douleur, je sens que je suis sur la bonne voie.
Février 2022 à avril 2022.
Rien de bien spécial, mon contrat à la médiathèque est renouvelé régulièrement. Je fais ma petite vie, je prends soin de moi. Depuis que je travaille à la médiathèque j’ai même recommencé à vraiment prendre le temps de lire ! Quel bonheur !
Mais je commence à réfléchir à ma reconversion, à trouver plus de stabilité, à chercher dans quoi je veux vraiment me réorienter. Est-ce que je veux me trouver un poste fixe en médiathèque ? Je ne suis pas sûre en fait. J’aime beaucoup ce travail, je m’y sens bien mais il me manque une part de création, de numérique.
Courant avril, je décide alors de ne pas reconduire mon contrat pour me concentrer sur ma recherche de réorientation, pour trouver vraiment ce que je veux faire.
Mai 2022.
Avec également l’aide d’un conseiller de l’APEC, j’avais commencé à explorer différentes pistes de réorientation. De toutes mes recherches, j’en ressors un métier : ingénieur pédagogique !
Pour moi, c’est ce qui me convient : globalement, de la création de contenu pédagogique mais en lien avec le numérique !
Je commence alors à chercher des formations, mais tellement de possibilités. Je suis un peu perdue.
Je contacte même des personnes du métier pour leur poser des questions sur leur parcours, leurs conseils, etc.
Bon c’est décidé, je vais commencer une formation pour devenir ingénieur pédagogique. Mais pour cela ils me conseillent de faire un master qui sera davantage reconnu sur le marché du travail.
J’explore tous les masters possibles. Ils sont tous différents, avec des avantages et des inconvénients. Ils sont parfois à l’autre bout de la France… c’est compliqué… Mais par chance certains se font à distance !! Nickel !
Je commence à poster, mais pour certains je suis en retard au niveau des délais d’inscription… pour d’autres c’est même fichu…
J’en ai toutefois trouvé un pour lequel je suis encore dans les temps ! Je passe un entretien téléphonique avec le directeur du master, qui accepte que je commence directement en 2ème année ! Parfait !
Juin 2022.
Je postule donc pour ce master, directement en Master 2 !
Je suis admise ! Je commence en septembre !
En attendant je me consacre à certains projets, dont un qui est un événement interactif que je crée avec des amis depuis quelques temps. Cela m’occupe une bonne partie de mon temps mais mine de rien, en le réalisant, j’apprends beaucoup !
Juillet et Août 2022.
Bon maintenant le coût de ce master est assez élevé ! Mais cela fait des mois que je fais attention à toutes mes dépenses, en les réduisant au maximum afin de garder mes économies pour cela.
Je tente tout de même, avec l’aide de mon conseiller Pôle Emploi, de faire la demande d’un financement région. Il n’y a que 3 places pour ce financement mais sait-on jamais….
Sinon je prends du temps pour moi, je me prépare pour mon master, je me forme seule sur plein d’outils. J’explore l’utilisation de logiciel de dessin numérique, je me forme sur le code informatique, etc. Et je continue d’occuper mon temps à la création de cet événement interactif.
Septembre 2022.
Après une première réponse négative concernant ma demande de financement région, j’ai finalement eu une réponse positive quelques jours plus tard. Il y a eu finalement une augmentation du nombre de bénéficiaires grâce à un budget finalement plus important. Mon master est donc payé presque en totalité par ce financement région et mon CPF.
Voici le début du master ! Retour à l’université pour la rentrée ! C’est bizarre mais excitant ! Je suis ravie de cette perceptive d’apprendre plein de nouvelles choses, plein de connaissances, et compétences !
Octobre 2022 à présent.
Les cours sont super intéressants, je prends un certain rythme dans le travail à effectuer. Le rythme des rendus et du travail personnel est important et ne fait que s’accroitre au fil des mois. Mais je me sens à l’aise là-dedans et je suis contente de découvrir toutes ces nouvelles notions !
Voici donc où j’en suis ! En pleine reprise d’étude et de réalisation d’un master pour devenir ingénieur/concepteur techno-pédagogique ! C’est donc beaucoup de travail mais je suis ravie !
J’ai hâte d’exercer ce métier, d’explorer les secteurs pouvant être très variés selon le poste.
Même si je garde en tête cette passion pour le scolaire et notamment l’apprentissage de lecture et de l’écriture ! Je retrouve même l’envie de concevoir des outils et documents pour le primaire. Qui sait, peut-être que des maisons d’édition scolaire auront besoin d’ingénieur techno-pédagogique ! ![]()
J’ai eu parfois des périodes de doutes sur mes capacités au départ, mais j’ai pu au fil des mois regagner confiance en moi. Et même si certains de mes petits élèves me manquent un peu, je n’ai aucun regret sur mon choix, aucun regret d’avoir démissionné.
Ces un an et demi m’ont permis de me remettre en santé, de prendre du recul, de mieux me connaitre, de mieux connaitre ma façon de fonctionner, mes besoins, mes limites. Et ce n’est que le début de ce nouveau chemin !
Merci à ceux qui ont eu le courage de lire le pavé (désolé, au final j’ai pas mal écrit) !
Courage à ceux qui sont en reconversion, à ceux qui y réfléchissent et encore plus à ceux qui essaient de tenir dans le métier !